14 mai 2008

Découverte

Grâce à une amie, j'ai découvert la semaine dernière cette jolie citation du Dr. Seuss :
Don't cry because it's over
Smile because it happened.


Quand tout semble abominable, quand les relations se délitent au point que l'on a l'impression de devenir étranger jusqu'à soi-même, quand une histoire d'amour finit, c'est tellement mieux de se dire que si c'est triste, ça a été si bien. 

12 avril 2008

En rêve ou presque

La lumière du mois de juin décline doucement par le vélux de ton grenier. Ca sent les jouets d'enfants et les peluches, les matelas affaissés couchés sur des sommiers branlants. Un assemblage disparate de vieilleries, un vieux Monopoly dont les billets sont froissés, pour ceux qui n'ont pas déserté la boîte pour te permettre de jouer à marchande avec ta soeur, il y a quelques années de cela.
C'est là aussi que tu as installé ta chaîne stéréo, ancienne, massive, comme soviétique, un peu déréglée, gros boutons, potentiomètres chromés, patinés et pétris par les doigts qui les ont bien souvent actionnés.
Tu n'as pas beaucoup de disques, Christelle, pas beaucoup, mais il n'est pas besoin d'en avoir beaucoup, comme il n'est pas nécessaire d'avoir tout lu.
On est bien. Vraiment bien. A la fenêtre. Tu as ramassé un chouchou noir qui traînait et tu te fais une queue de cheval, tirant tes cheveux châtains. Tu es derrière moi et tu poses ton menton sur mon épaule. Bientôt tu viens mettre tes bras autour de moi.

- Je peux te poser une question? fais-tu les yeux perdus dans le vide, comme si la question n'avait pas d'importance.
- Bien sûr.
- Est-ce que tu bandes ?

Et tu me lâches et pars d'un grand éclat de rire devant ma mine interdite et le rouge qui m'est monté au front. il est vrai que je suis puceau. Et tu ne devrais pas te moquer. Car à t'en croire, toi aussi.
Tu prends une cigarette que tu allumes négligemment, accroupie devant la - toute petite - pile de disques et je sais ce que tu vas mettre. Parce que tu le mets souvent quand on est bien et qu'il fait soleil : Ricky Lee Jones. (et je le sais aussi parce que tu ne vas pas mettre le Brahms)
La caisse claire frappe, les guitares s'entremêlent et la voix de bébé retentit dans la pièce :
How come he don't come and p.l.p. with me
Down at the meter no more?


Et c'est comme si on était au zinc d'un bar, grands et heureux comme des adultes, que l'enfance et tout ça, ça se soit bien fini, qu'on sache vraiment ce que c'est que l'amour et qu'on ait enfin les mains libres pour être les formidables nous que nous sommes.

04 avril 2008

Eveillé

Je te veux tout à moi, mon beau pays rêvé.
Je n’y verrai pas la pluie. Je me foutrai d’être imposable. Je réglerai, rubis sur l’ongle, et sans jamais me plaindre, l’assurance de ma voiture. Je trouverai que le prix des consommations a vraiment augmenté ces dernières années, mais uniquement en compagnie, pour faire couleur locale, car les râleurs de comptoir font toujours couleur locale, quelle que soit la couleur et quel que soit le local. Je ferai de vous, mes chérubins, de vrais enfants d’ici, et vous ne pourrez pas vous empêcher de dire que votre père est français, ce qui fera, naturellement, son petit effet. Je n’y vivrai que pour le soleil, qu’il soit là ou pas, pour ces petits-déjeuners copieux, cette langue admirable, ces filles légères au visage si particulier, je ferai même mine de me souvenir, avec les grands garçons de mon âge et beaucoup d’émotion, des Saturday night fucks, quand je taquinais, quant à moi, le boudin des boîtes de nuit, ce qui est la même chose, mais en tellement moins bien. Chaque jour serait exotique et pourtant je me sentirai chez moi. Un jour, j’irai vivre en Angleterre.

01 janvier 2008

Le ralentissement de la conjoncture

Dans son message aux Français, le président à tenu à se féliciter de la bonne résistance de la France face au "ralentissement de la conjoncture".
Ce, grâce à l'augmentation de la recrudescence?

28 décembre 2007

Pontault-Combault

Tu vis à Pontault-Combault aujourd’hui et toi, qui te voulait ballerine aquatique, quand je te demande, plein d’amour, comme avant, ce que tu fais de tes journées, tu préfères tourner la tête et pleurer. J’en conclu que tu as honte de ce que tu es devenue et même si j’ignore ce que tu peux bien faire, je sais à la fois que tu as tort et que tu ne m’écouteras pas.
Tu vis à Champs sur Marne. Tu es parti longtemps, tu as bien voyagé, consommé de tout, en Angleterre comme en Espagne, et te voila revenu dans l’appartement familial que tu avais quitté il y a dix ans sans même te retourner.
Tes parents ont déménagé et tu vis dans leur ancienne maison. Le chien a changé de nom, ta peau ne s’est jamais remise de la crise d’acné que tu traversais quand je t’ai connu. Tu as troqué ton attirail de hardos pour un complet-veston et ça te va presque.
Tu es partie pour un autre, un vrai con celui-là, même si tu ne le concéderas jamais que du bout des lèvres, même si tu l’as finalement quitté. Tu es partie loin et tu vas revenir. Qui est l’homme avec qui tu l’as fait cette enfant ? Je ne sais même pas si tu le sais. J’espère que oui mais je ne le sais pas. Il y a un mur recouvert de carrelage multicolore qui sépare nos peaux.
Tu sors un livre ces jours-ci, le premier, et j’espère enfin y glaner quelques bribes de toi qui te tiens si silencieux dans ma vie, toi dont les cordes vocales ne vibrent généralement que pour me parler de moi ou répondre à mes questions sans réponses pourtant.
Tu vis en Floride et tu n’es pas heureuse, parce que ton cœur n’y es pas. Tu cherches toujours un Alaska de carte postale ou peut-être réel, je ne sais, qui t’empêche bien souvent d’avoir le cœur battant au fond de ta cage thoracique, mais ailleurs, comme suspendu à un fil qui ne t’appartiens pas.
Je fais régulièrement des allers-retours en 2e classe et c’est pas demain la veille que je pourrais me payer une bagnole. A part ça, j’ai une vie sexuelle épanouie, mais je me réveille trop souvent, comme depuis trop d’années, avec le sentiment peu agréable que chaque rue se ressemble et que la vie est un perpétuel non recommencement.
Je ne suis pas sûr que ça soit notre faute. Les villes nouvelles ont eu notre peau, voilà tout.

21 décembre 2007

Collants

C'est vrai que ce n'était pas toujours facile de les draguer, les filles, quand elles avaient des collants voire des leggings et des Americana aux pieds. Parfois, on en oubliait presque que Karine était mimi ou que Stéphanie avait quand même un sacré joli petit cul.
J'ai détesté les années 1980, les badges SOS Racisme obligatoires et le fluo, mais quand je vois qu'aujourd'hui, à quinze ans, on est parfois obligé de faire abstraction du fait que la fille que l'on convoite fourre son jean dans ses bottes comme toutes les autres filles de la classe, tu peux pas savoir à quel point je compatis, là, dans cet Escalator qui t'emmène vers Châtelet-les-Halles, petit Kevin de banlieue de merde.

14 décembre 2007

Collocation

J'ai bien reçu, chère amie, votre mail. le fait que vous ayez cru bon de ne proposer qu'à moi-même et à votre ami inconnu de moi se cachant sous le pseudonyme délicieux d"undisclosed recipient" d'être votre colocataire me comble d'aise et de joie.
S'il est un plaisir auquel je n'ai jamais goûté, c'est celui de la collocation, sauf à excepter certaines périodes avec certaines personnes qui ne vivaient plus avec moi que par habitude.
J'adorerais être votre colocataire, mademoiselle. Déjà et bien sûr, parce que je ne suis pas assez sot pour ne pas savoir qu'un des principaux avantages de la collocation, lorsque l'on n'est pas du même sexe et plutôt hétérosexuel, c'est d'offrir des potentialités de plaisir à la carte.
Avant que d'aller plus en avant, je me dois tout de même de vous dire qu'il me faut, hélas, refuser votre proposition. Je ne suis pas libre et, quand bien même je le serais, je doute que la cohabitation, une semaine sur deux, avec des enfants de 8 ans et bientôt 6, vous enchante.
Je me trompe peut-être complètement.
Mais sinon, oui, bien que vous connaissant si peu, j'avoue que l'idée de partager un bel appartement avec vous et d'autres me comblerait sans doute de joie. Déjà parce qu'il est agréable de ne pas vivre seul, mais en compagnie des humains, surtout quand ils sont agréables à regarder et à entendre. Et puis, aussi, parce que je nous visualise, bons amis, vous un peu pompette et moi vous ramenant d'autorité à la maison. Quelle belle brochette nous ferions, ne trouvez-vous pas?
Je visualise les petits cadeaux que chacun ne manquerait pas de trouver, régulièrement, sous son oreiller. Un disque, un livre, une paire de chaussettes pour remplacer les trouées portées déjà trois fois, des boules Quiès (pour dire "ce soir, je vais crier fort parce que mon loup vient dormir. pardon. bisous. kikou.lol")
Ah, la belle petite vie de cocagne, comme chantait Jeanne Moreau.
Las, mademoiselle, vous m'avez connu trop vieux.
Ou peut-être est-ce moi qui vous connaît trop jeune.
Bien à vous,
Chez

11 novembre 2007

11 novembre


11 octobre 2007

tentative de rationalisation d'un silence assourdissant

Je me fais rare sur les blogs en général, depuis quelques mois, et sur le mien tout particulièrement.
je pourrais vous mentir en disant que j'ai une vie bien remplie, que je suis en train d'écrire un roman ou une comédie musicale. ce serait si facile. Vous me croiriez, n'est-ce pas? Comment vérifier. Comment savoir.
J'ai déménagé. C'est la quatrième fois en 2 ans. J'en ai soupé. J'en ai ma claque. Je suis épuisé. Mais je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même, quand bien même il serait si facile d'accuser les autres. Les autres qui ne m'ont pas menacé de mort pour que je sois con.
J'ai acheté des disques chez un ami, l'autre jour. Il vendait ses vinyls. je suis arrivé après la bataille. Et il valait mieux, je crois. Car je suis à sec et je n'aurais de toutes façons pas pu embarquer la moitié de ce qui m'aurait fait envie.
Vous voyez, quand la vie ressemble à ça, ce n'est pas forcément une bonne idée de la raconter. Même si ce n'est qu'une parcelle. Et biaisée, qui plus est.

17 août 2007

Je te dis au revoir

Hier soir, je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Trop de travail, trop de choses à penser, le cerveau qui ne parvient plus à se mettre en mode off et qui, malgré les contraintes et les grands coups donnés sur l'interrupteur, refuse obstinément de s'éteindre. Alors je me suis dit que c'était sans doute le bon soir pour te faire mes adieux.
Les histoires d'amour sont si indissociables de ma vie qu'elle finissent par être ma vie même. Toi, pendant des années, tu m'ignoras complètement. Rien d'étonnant à cela, tu t'es toujours soucié comme d'une guigne de ceux qui t'aiment. Moi je t'admirais de loin et tu brillais de mille feux. J'ai fini par me rapprocher de toi, vivre à tes côtés , sans jamais savoir au fond si tu m'aimais vraiment.
Tu es bruyante et silencieuse. Ce soir, je suis sorti pour te voir et tu m'es vite, dès les premiers instants de nos retrouvailles, apparue distante et réservée. Tu n'ignorais certainement pas que la vie, inexorablement, m'avait éloignée de toi, que nos pas n'étaient plus si cadencés et que, bientôt, je m'en irai, pas assez loin pour ne plus te voir, mais suffisamment pour que nos vies ne se croisent plus aussi souvent et aussi intensément qu'auparavant.
Alors je n'ai pas voulu que l'on se sépare sur la pointe des pieds, sans se le dire, comme des voleurs. J'ai voulu te sentir et te humer, te donner l'occasion de me prendre et de m'accueillir dans ton ventre une dernière fois. Ce fut tendre, mais ce fut tout.
Bien sûr, ce n'est qu'un au revoir, parce que nous ne pouvons vivre l'un sans l'autre et tu le sais fort bien. Tu brilles pour d'autres, ce soir, pourtant, et si tes lueurs me réchauffent encore, elles sont lointaines. Je ne suis plus au cœur de ta vie ni toi au cœur de la mienne. Mais pour tout ce que tu m'as donné sans me l'avoir repris, je voulais, hier soir, battre seul ton pavé, Paris.