03 décembre 2009

Lettre ouverte à Joseph Blatter

(dit "Joe la Blatte")
Mon Jojo,
il paraît que vivre c'est choisir et surtout assumer ses choix.
Grâce au football et à ses règles étranges, la planète a pu un temps oublier la crise, la grippe et même la mère à Titi (chez qui, rappelons-le, c'est un peu l'Italie).
Bref rappel des faits : M. Henry (qu'on ne présente plus - grâce en soit rendue à Daniel Balavoine) contrôle de la main un ballon de cuir alors que c'est formellement interdit à un joueur de football autre que le gardien dans sa surface, et passe la balle à M. Gallas qui la met au fond d'un but Irlandais. L'arbitre n'a rien vu. C'est but. On est qualifiés pour le Mondial.
Il faudrait un Kant ou un Heidegger pour capturer la magie de cet instant philosophique majeur. Nous aurions pu nous contenter d'une des maximes favorites d'un penseur contemporain exilé sur M6, je cite, in-extenso :

"Main ! Main ! Il a mis la mimimine!"

Le sport c'est la triche, aussi. Surtout quand il y a la gloire et le bon petit chèque qui va tomber avec. Le footballeur étant peu passionné par les livres et davantage par les voitures de sport, il n'a pas non plus les mêmes besoins que vous et moi.

les Irlandais veulent rejouer le match. On les comprend. Il y a quelques années de cela, lors d'un Irlande-Traité de Lisbonne remporté haut la main par les Irlandais, on avait mis gentiment la balle à terre et organisé une seconde rencontre. (défaite de l'Irlande aux tirs au but)

Mais depuis le 15 novembre, soit deux semaines, il ne se passe pas une journée sans que la FIFA, qui régente et organise cette grande messe de l'amitié et de la bière baptisée "Mondial" ou Coupe du Monde ou "Mundial" pour les plus âgés, ne nous communique d'exaltantes informations sur le sujet, multipliant les informations contradictoires.

Le match ne sera pas rejoué. (On s'en fout).

Puis : Le match sera vraiment vraiment pas rejoué. (Ouais, on sait, tu viens de nous le dire).

Puis : nan, mais vraiment. (Oui, on a compris, là).

Puis : On va peut-être se poser deux trois questions sur l'arbitrage. On va réunir une commission, voter les pleins pouvoirs aux soviets, et puis on va pondre un rapport. (OK).

Puis : On va diligenter une enquête sur ce qui s'est passé, la main de M. Henry là. (On commence à fatiguer)

Puis : Non mais enquête, d'accord, mais y'aura pas de sanctions hein. (Ouais, on va juste faire venir Henry et puis on va se faire des grillades)

Puis: on va peut-être (c'est la dernière en date) filer un petit quelque chose aux Irlandais, parce que ils sont quand même trop sympas. (Faut quand même rapidement passer sur la discographie de Bono pour dire un truc pareil, mais admettons. Quoique non.)

Alors mon Jojo, de deux choses l'une :
Soit tu considères qu'il s'agit d'un fait de jeu, certes regrettable, certes pas beau, mais contre lequel sur le fond comme sur la forme tu ne trouves rien à redire, et tu cesses de nous les moudre,

Soit c'est un scandale, tu réunis un bureau extraordinaire, tu votes des sanctions exemplaires et tu convoques un Grenelle de la Mimine pour qu'une telle atrocité - à côté de laquelle Guernica c'est le carrelage des chiottes au Bottleshop - ne se reproduise plus jamais, et tu cesses de nous les moudre itou.

De gros becs.

12 novembre 2009

That's no way to say goodbye

Je me suis longtemps demandé ce qu'il fallait faire de cette page que je ne remplissais plus ces derniers temps qu'en citant les autres. Grave erreur qui, au fond me ressemble assez. On baye aux corneilles devant le feu vert, ne sachant aller ni à droite ni à gauche, pour finir, une fois que l'on s'est peut-être décidé, devant un feu passé au rouge.
Avec tout ce que cette décision et cet engagement public peuvent avoir d'illusoire tant le lieu n'est plus maintenant fréquenté que par des robots et quelques fantômes, j'ai décidé de m'y remettre, parce que, lorsque j'ai commencé ce blog, il y a six ans maintenant, c'était pour raconter des histoires, parler, écrire, galoper, un peu et offrir des sourires. J'en avais plein les poches. J'en ai peut-être trop distribué ou ma poche s'est percée. Ou peut être que ma poche, c'est l'écriture. Aussi mettre un terme à cet exercice ne me plait guère.
Il fallait faire un choix : fermer boutique ou continuer.
je continue. Considérez moi cependant en convalescence ou comme revenu à ce qu'un handicapé social comme moi sait le mieux faire : parler dans le vide et noircir du blanc.

11 avril 2009

Joachim Fernau II

Chez tous les peuples de la terre, Dieu est du sexe mâle. On ne peut placer son espérance en autre chose, en des seins de lait et une nudité sans audace, quand on regarde dans la froideur des étoiles, le bouillonnement du volcan, les tourbillons d'un typhon.
Pour que les vers puissent dévorer l'homme comme une vieille pantoufle, il faut d'abord que la nature l'écrase et le foule aux pieds. La femme, elle, s'abandonne et sombre. Elle est végétation, foisonnement, croissance, épanouissement, puis enfouissement et à nouveau croissance; mais comme la bête et aussi solitaire qu'elle, l'homme passe sur la terre sans se fixer ni prendre racine. Il est un véhicule de vie. La où il est, il porte l'univers avec lui.
Lorsque tu tournes autour de l'immense chêne et que tu lui fais l'hommage de la danse des moissons, souris, sois gai. L'arbre peut être très grand, il est du sexe des mères, c'est une petite protubérance de la terre. tandis que la bête, avec cette vie qu'elle porte en elle, touche la terre seulement de ses griffes.
Elle va et cherche ses pareils, non la terre.
Quand un homme dit:" Ce que j'ai fait, ce que j'ai supporté, aucune bête n'aurait pu le supporter", il a connu le summum de la souffrance.
Une vie d'homme dans laquelle il n'y a point eu ce moment a été une vie perdue. Cet homme a les pattes feutrées et il a si peu marqué le sol qu'il a foulé que vous auriez pu glisser une feuille de papier entre son pied et la terre.
Il n'est rien, il ressemble à quelqu'un qui traînerait derrière soi sa vie dans un sac en craignant de l'oublier quelque part.
Lorsque vous lirez cela, vous voudrez naturellement montrer ce que vous valez, vous allez vous redresser et, à la façon de ces souris de montagne que l'on appelle les Lemmings, éclater littéralement de colère. Mais je sais ce que je dis.
Voyons ce qui se passe quand un homme aime.
Quand un homme pose la tête sur le sein de la femme, c'est qu'il est l'heure de son crépuscule, ce crépuscule qui rend tous les animaux craintifs. L'homme demeure seul, et le monde qui l'entoure reste un monde étranger.
(...)
Tout cela, je le dis pour des hommes, non pour des femmes ni pour ceux qui traînent leur sac.
Les femmes ne savent rien de ce qu'il y a de grand et de redoutable dans l'homme. Comment le sauraient-elles? Elles ont une démarche assurée, elles franchissent les portes les premières et sont saluées par tous. Mais ici, il ne s'agit pas de l'ordre des choses mais d'un tout autre problème. C'est tout à fait comme l'arbre qui, parce qu'il sait que la bête ne le mangera pas, la tient pour édentée. Les femmes, elles, voient nos dos voûtés, nos lunettes, elles nous voient penchés sur nos dossiers, elles nous voient trop jeunes ou trop vieux, elles nous voient nous baisser avec peine, elles nous voient en chômage, désorientés dans ce monde, elles nous voient ouvrir leurs portes et sourire, elles nous voient proches et épais. Rien, elles ne savent rien !

Joachim Fernau, Rapport du capitaine Pax sur ce qu'il y a de grand et de redoutable dans l'homme, Robert Laffont, Traduit de l'allemand par Imogen et Guy Bechtel.

08 avril 2009

On était bien tranquilles dans ma maison

Il faisait beau et on profitait de la terrasse. je ne sais pas même s'il est utile, vraiment, de dire ce que l'on faisait, mais vraiment rien de répréhensible.

On prenait le soleil, quoi. On avait du travail à faire ensemble. Tu sentais bon.
Je ne suis pas certain de te l'avoir jamais dit, mais je te trouve assez séduisante. On va dire que "mes oeillades intéressées" blah, blah, t'es au courant en fait, sans que je te le dise.
On va dire ça.
Entendons-nous bien : je ne me figure pas du tout que tu sois trop bien pour moi. Je préfère que l'on s'entende bien sur ce sujet-là, car cela aura de l'importance et que j'ai remarqué que certaines jolies filles se disent que l'on ose pas les attaquer de front parce que précisément on a aucune chance.

J'ouvre ici une parenthèse : c'est ridicule.
Logiquement, statistiquement, il est bien plus rare de se faire envoyer paître par une jolie fille que par une fille sans attraits. Je prends mon cas personnel; au hasard.
Quand vous n'avez pas un physique de rêve, qu'y a t-il de plus gratifiant que d'être dragué par une personne du sexe opposé (ou pas d'ailleurs)? La réponse est simple : se payer le luxe, par surcroît, de lui faire se manger le râteau de la semaine. Surtout si il ou elle est plutôt pas mal.
Bien sûr, après, on regagne ses pénates seul(e), le frigo crie famine et on file au lit en se disant que ça aurait été bien agréable de se glisser sous les draps avec quelqu'un. Mais que voulez-vous, le luxe à un prix, renseignez-vous.

Nous en étions à je ne sais quelle épisode de notre après-midi, quand le téléphone a sonné. Ma compagne qui prévenait qu'elle allait passer. Je t'en ai averti. J'avais rien a cacher ni a elle ni a toi, ça tombait bien (c'est pas toujours le cas, note !)
Et là, tu m'as pris par le bras.
Et tu m'as dis
un truc.
Tu m'as dit : "allez, on se fout à poil". Et tu es partie d'un grand rire.
Je voyais bien la scène dans ta tête : le Vaudeville. Labiche 2.0. "La fille qui rentre et trouve son mec au pieu avec une grande fille bien gaulée"
MDR KIKOO LOL.

En fait, je ne sais par pourquoi, ma réaction n'a pas été la bonne.
J'ai rigolé. Et j'ai dit : "Chiche". Ca t'a fait rire.
Tout faux.

C'était pas ça la bonne réponse. La bonne réponse c'était:
"OK"
Et enlever mon t-shirt. Et mon pantalon. Et ma culotte.
Et dire:
"A toi".

Et tu aurais fait quoi?
Ca, on ne sait pas. Si. Tu sais. Enfin presque : Si tu laissais un commentaire sur ce blog, tu dirais que tu te serais barrée. C'est normal. Parce qu'un garçon qui fait ça est 'un garçon plein de ressources, décidément' alors qu'une fille qui fait ça est une salope. Et tu n'as pas envie de passer pour une salope. (ce qui te regarde)
Oui, mais en vrai. Tu aurais fait quoi ? On ne saura pas.
Seulement, je ne voudrais pas que tu te dises que si je ne l'ai pas fait, c'est parce que tu m'impressionnes. Ou que j'aurais eu honte. Ou peur.
Non : c'est juste que j'ai été con.
On se voit toujours la semaine prochaine? Je t'embrasse.

30 octobre 2008

Mariée? des enfants?

Internet est abominable. A un moment donné, j'avais été tenté par l'idée fort saugrenue, on en conviendra, de signer ce blog sous mon vrai nom (ben oui - désolé, mais Chez, c'est pas mon vrai nom - j'ai conscience du choc pour certain, mais il fallait que ça sorte).
Et puis, un soir de déprime, j'eus l'idée assez terrible de taper le nom et le prénom de certaines de mes ex dans google, ainsi que les noms de certains gars et filles dont les culs cirèrent les mêmes chaises que moi au collège et au lycée.
Ne faites jamais ça les amis, jamais. Ma voisine Titiou l'a elle aussi appris à ses dépens.
C'est le meilleur moyen de constater que vos pires cauchemars se réaliseront.
Toi, la classe, fine, légère et pétillante, les photos ne te rendent sans doute pas justice, mais j'arrive pas à croire que c'est toi avec cette coiffure ridicule en vadrouille croisière paquet. Toi, si marrant, le plaisantin de service, tu bosses à la Défense, dans une compagnie d'assurances, tu as épousé (quel blog atroce vous avez commis en cette occasion - les photos de l'enterrement de vie de garçon et du pot de chambre, t'étais VRAIMENT pas obligé) une sorte de Fox terrier et tu as l'air d'en être très heureux : une bonne marque, tout le confort moderne.
Et puis il y a ceux qui, s'ils faisaient comme vous et vous googlaient, s'aviseraient de vous demander des nouvelles, sans doute avec la même joie mauvaise que vous : "allez, vas-y, dis-le-moi que tu as une vie de merde, chienne/chien, toi qui me plaquas pour Régis/Arlette". On leur répondrait quoi? Des mensonges bien sûr. en feignant de croire que c'est si loin tout ça.
Alors voila, c'est pas demain que je signerai de mon vrai nom sur ce blog.
Ne serait-ce que par égard pour vous mes toutes belles, vous mes tous beaux, qui, bien assurément, vous êtes dits, après m'avoir rencontré, que je ferai quelque chose dans la vie... J'aimerais pas que vous veniez voir la gueule de mes journées. Vous auriez honte à ma place. Et je ne vous le souhaite pas.

26 octobre 2008

La photo de famille

J'ai toujours eu une très grande affection pour un livre de Sempé, paru en 1975, chez Denoël, intitulé L'irresistible ascension sociale de M. Lambert. C'est la vie en France dans les années 1970, Pompidou n'est pas encore mort, mais ça se "modernise" et pas besoin d'être grand clerc pour omprendre qu'il y aura de la casse. C'est drôle et tendre, avec parfois quelques saillies dont Sempé a le génie :

L'âme humaine est, comme le remarqua un jour Chaudère, comme un portefeuille: au moment où l'on cherche les billets de train pour partir, on tombe toujhours sur la photo de famille. Ca fait réfléchir.

22 octobre 2008

Ma Mère

Ma mère a cette capacité à horripiler, je t’assure, c’est impressionnant. Elle peut s’emparer de n’importe quel sujet à peu près passionnant et, en moins de deux minutes, ça devient un ramassis de préjugés et d’images éculées, ce qui fait que tu décroches. Pire, elle peut carrément te dégoûter du truc. Tu vois, si tu es, je sais pas moi, admettons, admirateur de Raymond Carver, ben tu refiles le sujet à ma mère et hop, au bout de cinq minutes chrono, je te jure que tu as envie de tuer le bonhomme, de saquer tous ses livres de ta bibliothèque et qu’on ne t’en parle plus jamais.

Mais le pire, c’est sa capacité à t’en faire trente louches sur ces machins du quotidien dont tu te fous comme de l’an quarante, avec, par surcroît, des digressions, des parenthèses, des parenthèses dans la parenthèse. Tiens, pas plus tard que la semaine dernière elle me racontait ses ennuis de clôture dans la baraque qu’elle se fait construire dans le Perche. Tu sais, c’est pas très loin du Mans. Un coup de TGV et, hop depuis Paris, ça roule. Surtout que maintenant ils font des tarifs intéressants et puis la Gare Montparnasse est vachement plus pratique qu’avant je trouve. Enfin bref : donc le voisin, un vrai con, a trouvé le moyen de virer les groseilliers qui bordaient le mur mitoyen d’avec la baraque de ma mère. Tu penses si ma mère fantasmait dessus, elle qui rêve d’être une mamie confiture et c’est vrai que les gosses adorent ça en plus, ben oui, pour une grand-mère, le petit potager et les arbres fruitiers, ça vaut une console de jeux, je te le dis. Enfin à l’âge qu’ont les miens et ceux de mon frère, hein, c’est sûr que quand ils seront plus grands, ça sera plus la même histoire.
Bon, en même temps, elle aurait pu s’en douter que le voisin était con. Faut dire que dans le Perche, quand tu regardes bien, ils trimbalent pas franchement une image de gros finauds. Bref. Donc, le voisin saque les groseilliers alors ma mère, elle va le voir et lui dit : « bah alors, pourquoi vous avez viré mes groseilliers? ! » Cash. Et le mec, attends, tu sais ce qu’il lui répond ? Attends, tu vas halluciner : il lui répond : « comme ça ». « Comme ça », il lui répond le mec. Rien d’autre. Alors que putain, cette année, avec le redoux, ils auraient carrément bien donné, mais bon, remarque, ça se replante, il parait. Tu dis si je te soûle ?

22 septembre 2008

Trouvé sur le net...








on sait rire chez yahoo, non?

14 mai 2008

Découverte

Grâce à une amie, j'ai découvert la semaine dernière cette jolie citation du Dr. Seuss :
Don't cry because it's over
Smile because it happened.


Quand tout semble abominable, quand les relations se délitent au point que l'on a l'impression de devenir étranger jusqu'à soi-même, quand une histoire d'amour finit, c'est tellement mieux de se dire que si c'est triste, ça a été si bien. 

12 avril 2008

En rêve ou presque

La lumière du mois de juin décline doucement par le vélux de ton grenier. Ca sent les jouets d'enfants et les peluches, les matelas affaissés couchés sur des sommiers branlants. Un assemblage disparate de vieilleries, un vieux Monopoly dont les billets sont froissés, pour ceux qui n'ont pas déserté la boîte pour te permettre de jouer à marchande avec ta soeur, il y a quelques années de cela.
C'est là aussi que tu as installé ta chaîne stéréo, ancienne, massive, comme soviétique, un peu déréglée, gros boutons, potentiomètres chromés, patinés et pétris par les doigts qui les ont bien souvent actionnés.
Tu n'as pas beaucoup de disques, Christelle, pas beaucoup, mais il n'est pas besoin d'en avoir beaucoup, comme il n'est pas nécessaire d'avoir tout lu.
On est bien. Vraiment bien. A la fenêtre. Tu as ramassé un chouchou noir qui traînait et tu te fais une queue de cheval, tirant tes cheveux châtains. Tu es derrière moi et tu poses ton menton sur mon épaule. Bientôt tu viens mettre tes bras autour de moi.

- Je peux te poser une question? fais-tu les yeux perdus dans le vide, comme si la question n'avait pas d'importance.
- Bien sûr.
- Est-ce que tu bandes ?

Et tu me lâches et pars d'un grand éclat de rire devant ma mine interdite et le rouge qui m'est monté au front. il est vrai que je suis puceau. Et tu ne devrais pas te moquer. Car à t'en croire, toi aussi.
Tu prends une cigarette que tu allumes négligemment, accroupie devant la - toute petite - pile de disques et je sais ce que tu vas mettre. Parce que tu le mets souvent quand on est bien et qu'il fait soleil : Ricky Lee Jones. (et je le sais aussi parce que tu ne vas pas mettre le Brahms)
La caisse claire frappe, les guitares s'entremêlent et la voix de bébé retentit dans la pièce :
How come he don't come and p.l.p. with me
Down at the meter no more?


Et c'est comme si on était au zinc d'un bar, grands et heureux comme des adultes, que l'enfance et tout ça, ça se soit bien fini, qu'on sache vraiment ce que c'est que l'amour et qu'on ait enfin les mains libres pour être les formidables nous que nous sommes.

04 avril 2008

Eveillé

Je te veux tout à moi, mon beau pays rêvé.
Je n’y verrai pas la pluie. Je me foutrai d’être imposable. Je réglerai, rubis sur l’ongle, et sans jamais me plaindre, l’assurance de ma voiture. Je trouverai que le prix des consommations a vraiment augmenté ces dernières années, mais uniquement en compagnie, pour faire couleur locale, car les râleurs de comptoir font toujours couleur locale, quelle que soit la couleur et quel que soit le local. Je ferai de vous, mes chérubins, de vrais enfants d’ici, et vous ne pourrez pas vous empêcher de dire que votre père est français, ce qui fera, naturellement, son petit effet. Je n’y vivrai que pour le soleil, qu’il soit là ou pas, pour ces petits-déjeuners copieux, cette langue admirable, ces filles légères au visage si particulier, je ferai même mine de me souvenir, avec les grands garçons de mon âge et beaucoup d’émotion, des Saturday night fucks, quand je taquinais, quant à moi, le boudin des boîtes de nuit, ce qui est la même chose, mais en tellement moins bien. Chaque jour serait exotique et pourtant je me sentirai chez moi. Un jour, j’irai vivre en Angleterre.

01 janvier 2008

Le ralentissement de la conjoncture

Dans son message aux Français, le président à tenu à se féliciter de la bonne résistance de la France face au "ralentissement de la conjoncture".
Ce, grâce à l'augmentation de la recrudescence?

28 décembre 2007

Pontault-Combault

Tu vis à Pontault-Combault aujourd’hui et toi, qui te voulait ballerine aquatique, quand je te demande, plein d’amour, comme avant, ce que tu fais de tes journées, tu préfères tourner la tête et pleurer. J’en conclu que tu as honte de ce que tu es devenue et même si j’ignore ce que tu peux bien faire, je sais à la fois que tu as tort et que tu ne m’écouteras pas.
Tu vis à Champs sur Marne. Tu es parti longtemps, tu as bien voyagé, consommé de tout, en Angleterre comme en Espagne, et te voila revenu dans l’appartement familial que tu avais quitté il y a dix ans sans même te retourner.
Tes parents ont déménagé et tu vis dans leur ancienne maison. Le chien a changé de nom, ta peau ne s’est jamais remise de la crise d’acné que tu traversais quand je t’ai connu. Tu as troqué ton attirail de hardos pour un complet-veston et ça te va presque.
Tu es partie pour un autre, un vrai con celui-là, même si tu ne le concéderas jamais que du bout des lèvres, même si tu l’as finalement quitté. Tu es partie loin et tu vas revenir. Qui est l’homme avec qui tu l’as fait cette enfant ? Je ne sais même pas si tu le sais. J’espère que oui mais je ne le sais pas. Il y a un mur recouvert de carrelage multicolore qui sépare nos peaux.
Tu sors un livre ces jours-ci, le premier, et j’espère enfin y glaner quelques bribes de toi qui te tiens si silencieux dans ma vie, toi dont les cordes vocales ne vibrent généralement que pour me parler de moi ou répondre à mes questions sans réponses pourtant.
Tu vis en Floride et tu n’es pas heureuse, parce que ton cœur n’y es pas. Tu cherches toujours un Alaska de carte postale ou peut-être réel, je ne sais, qui t’empêche bien souvent d’avoir le cœur battant au fond de ta cage thoracique, mais ailleurs, comme suspendu à un fil qui ne t’appartiens pas.
Je fais régulièrement des allers-retours en 2e classe et c’est pas demain la veille que je pourrais me payer une bagnole. A part ça, j’ai une vie sexuelle épanouie, mais je me réveille trop souvent, comme depuis trop d’années, avec le sentiment peu agréable que chaque rue se ressemble et que la vie est un perpétuel non recommencement.
Je ne suis pas sûr que ça soit notre faute. Les villes nouvelles ont eu notre peau, voilà tout.

21 décembre 2007

Collants

C'est vrai que ce n'était pas toujours facile de les draguer, les filles, quand elles avaient des collants voire des leggings et des Americana aux pieds. Parfois, on en oubliait presque que Karine était mimi ou que Stéphanie avait quand même un sacré joli petit cul.
J'ai détesté les années 1980, les badges SOS Racisme obligatoires et le fluo, mais quand je vois qu'aujourd'hui, à quinze ans, on est parfois obligé de faire abstraction du fait que la fille que l'on convoite fourre son jean dans ses bottes comme toutes les autres filles de la classe, tu peux pas savoir à quel point je compatis, là, dans cet Escalator qui t'emmène vers Châtelet-les-Halles, petit Kevin de banlieue de merde.

14 décembre 2007

Collocation

J'ai bien reçu, chère amie, votre mail. le fait que vous ayez cru bon de ne proposer qu'à moi-même et à votre ami inconnu de moi se cachant sous le pseudonyme délicieux d"undisclosed recipient" d'être votre colocataire me comble d'aise et de joie.
S'il est un plaisir auquel je n'ai jamais goûté, c'est celui de la collocation, sauf à excepter certaines périodes avec certaines personnes qui ne vivaient plus avec moi que par habitude.
J'adorerais être votre colocataire, mademoiselle. Déjà et bien sûr, parce que je ne suis pas assez sot pour ne pas savoir qu'un des principaux avantages de la collocation, lorsque l'on n'est pas du même sexe et plutôt hétérosexuel, c'est d'offrir des potentialités de plaisir à la carte.
Avant que d'aller plus en avant, je me dois tout de même de vous dire qu'il me faut, hélas, refuser votre proposition. Je ne suis pas libre et, quand bien même je le serais, je doute que la cohabitation, une semaine sur deux, avec des enfants de 8 ans et bientôt 6, vous enchante.
Je me trompe peut-être complètement.
Mais sinon, oui, bien que vous connaissant si peu, j'avoue que l'idée de partager un bel appartement avec vous et d'autres me comblerait sans doute de joie. Déjà parce qu'il est agréable de ne pas vivre seul, mais en compagnie des humains, surtout quand ils sont agréables à regarder et à entendre. Et puis, aussi, parce que je nous visualise, bons amis, vous un peu pompette et moi vous ramenant d'autorité à la maison. Quelle belle brochette nous ferions, ne trouvez-vous pas?
Je visualise les petits cadeaux que chacun ne manquerait pas de trouver, régulièrement, sous son oreiller. Un disque, un livre, une paire de chaussettes pour remplacer les trouées portées déjà trois fois, des boules Quiès (pour dire "ce soir, je vais crier fort parce que mon loup vient dormir. pardon. bisous. kikou.lol")
Ah, la belle petite vie de cocagne, comme chantait Jeanne Moreau.
Las, mademoiselle, vous m'avez connu trop vieux.
Ou peut-être est-ce moi qui vous connaît trop jeune.
Bien à vous,
Chez